Nos invités ont du talent ! La parole à Ali Saberi

En cette rentrée 2026, découvrez l’interview d’Ali Saberi qui nous parle, entre-autres, de son talent : la musique traditionnelle iranienne.

Ali, pourriez-vous nous en dire plus sur vos origines et votre parcours ?

Je m’appelle Ali Saberi et je suis originaire d’Iran. Je suis arrivé en France il y a environ quatre ans. Aujourd’hui, je partage mon temps entre l’enseignement de la musique à Lyon et mon travail à la bibliothèque de l’Université catholique de Lyon (UCLy).

 

Comment avez-vous connu Lyon International ?

J’ai découvert Lyon International grâce au service des relations internationales de l’UCLy. Trois ans après cette rencontre, je suis toujours en contact avec les membres de cette association, qui sont des personnes très sympathiques et avec lesquelles j’ai beaucoup de plaisir à échanger.

La musique traditionnelle iranienne est à la fois votre talent et votre passion. Pourriez-vous nous en dire plus ?

J’ai commencé à jouer de la musique traditionnelle iranienne à l’âge de 8 ans, avec les encouragements de mes parents. À 18 ans, j’ai commencé à enseigner le santoor, un instrument à cordes frappées qui possède une histoire de plus de 2 000 ans et dont les racines remontent aux civilisations de Babylone, d’Assyrie et de l’Iran antique. Le santoor produit un son relativement puissant et sa technique de jeu est assez complexe. Il est également très présent dans la culture musicale iranienne. En Occident, on peut le rapprocher du tympanon, un instrument qui est aujourd’hui beaucoup moins répandu.

Après avoir appris le santoor, j’ai également commencé à jouer du setar, un instrument à cordes de la famille des luths, avec une caisse de résonance et un manche. Il existe une différence importante entre les deux instruments dans leur histoire et leurs contextes de pratique. Le santoor était notamment présent dans les contextes classiques, à la cour, lors de réceptions et dans des cadres plus cérémoniels. Le setar, en revanche, était davantage associé aux espaces mystiques et spirituels, mais aussi à la pratique intime des musiciens et aux petits cercles. Le setar occupe une place particulière dans la musique classique persane. Son nom signifie « trois cordes » en persan, même si l’instrument moderne possède généralement quatre cordes. Il est notamment connu pour sa sonorité douce, intime et mélodieuse.

La musique iranienne possède une histoire de plus de 5 000 ans. Elle reflète une part du mystère et du romantisme de la Mésopotamie et de l’Iran antique. Elle raconte des histoires de courage, de deuil, de mysticisme et de mythologie. Son univers est souvent mélancolique, mais aussi profondément narratif : la musique raconte, évoque et fait voyager. Cependant, les bouleversements politiques survenus en Iran en 1979 ont contribué à réduire l’attention portée à cette musique et les musiciens ont progressivement été privés d’une partie des soutiens dont ils bénéficiaient. Cette tradition musicale reste ainsi encore relativement méconnue des nouvelles générations en Occident.

Après mon arrivée en France, j’ai décidé de poursuivre ici mes activités et mes projets artistiques. J’ai découvert que les Français étaient très réceptifs à l’art, et notamment à la musique. La France est également un pays qui accueille et valorise une grande diversité culturelle. La métropole de Lyon en est un très bel exemple : elle offre de nombreuses possibilités de rencontres et d’échanges pour celles et ceux qui souhaitent découvrir la culture française tout en restant ouverts aux cultures venues d’ailleurs.

Le 22 septembre prochain, j’aurai la chance d’accompagner au setar un spectacle conçu par Malène Daquin, en collaboration avec Jean Girot, à partir des poèmes écrits en prison par Mahvash Sabet, poétesse et écrivaine iranienne.

Ce spectacle s’inscrit dans le cadre du Festival des Possibles, au Centre social Gisèle Halimi. La représentation est entièrement gratuite et ouverte à toutes et à tous.

 

This entry was posted in Actualités. Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>